Lorsque Marco Antonio Barrera a frappé la tête de Prince Naseem Hamed contre le poteau du ring lors du dernier round d’un combat pour le titre des poids plumes en avril 2001, cela a produit un bruit. Bien sûr, il y avait le bruit de l’impact — tête contre cuir dur — mais ce n’était pas cela. Ce n’était pas non plus le bruit de la foule qui applaudissait, certains surpris, d’autres célébrant. Non, à ce moment précis, ce que vous entendiez, c’étaient des voix. Beaucoup de voix. Vous entendiez la voix de l’arbitre, Joe Cortez, réprimandant Barrera pour la faute — « Un point », disait-il aux trois juges — et vous entendiez Barrera, dans l’oreille de Hamed, s’assurer que ce dernier comprenait bien le message qu’il voulait lui transmettre.

Il y avait aussi les voix de ceux qui n’étaient pas présents. Les oubliés. Ces boxeurs qui avaient été réduits au silence par Hamed et au nom desquels Barrera exigeait maintenant des excuses. « Celui-ci est pour Steve Robinson », aurait pu dire Barrera, Hamed pressé contre le poteau du ring, « pour cette fois où vous lui avez offert votre menton pour un coup gratuit à Cardiff ». Ou : « Celui-ci est pour José Badillo, pour cette fois où vous avez remué vos pieds, balancé vos hanches et crié dans son visage ». Ou encore : « Celui-ci est pour Wayne McCullough, pour cette fois où vous l’avez fait manquer et avez ensuite tourné en dérision son manque de précision en regardant hors du ring. »

Résumé des faits :

Date Événement Personnages clés Lieu
Avril 2001 Combat pour le titre des poids plumes Marco Antonio Barrera, Naseem Hamed Las Vegas

Hamed embrassant le poteau du ring était pour chacun d’eux, semblait-il. C’était pour toutes les fois où il avait franchi la corde supérieure, fait un saut périlleux après avoir mis un adversaire à terre, ou simplement s’était tenu au-dessus de quelqu’un, bras levés, jusqu’à ce qu’un arbitre l’entraîne dans un coin neutre. C’était un goût de ce qu’ils avaient tous dû goûter, en d’autres termes. Un goût d’humiliation. Un goût d’insuffisance. Un goût de sa propre médecine.